Les écoles haïtiennes face à l’illetrisme

L’illettrisme touche près de la moitié de la population (55 % des hommes et 51 % des femmes étant lettrés).

Par manque de moyens financiers, l’enseignement public et gratuit n’accueille que 20 % de la population scolaire. Le reste est soit géré par le secteur privé, confessionnel ou non, soit n’est pas scolarisé du tout.

Selon l’UNICEF, le taux net de scolarisation se situe à environ 60%. Pourtant la demande sociale d’éducation est très forte.

Il faut souligner que, malgré un accès équitable, les filles fréquentent moins l’école que les garçons (49% des filles vont à l’école contre 51% pour les garçons). Environ 375 000 enfants entre 6 et 11 ans (soit un tiers de ce groupe d’âge) ne sont pas scolarisés. Un grand nombre d’enfants et d’adolescents haïtiens ne peuvent jouir de leur droit à l’éducation parce qu’ils sont touchés par la pauvreté et le phénomène de marginalisation. Ainsi, les enfants qui vivent en milieu rural sont les plus concernés.

Cette situation d’ensemble de l’accès à l’éducation en Haïti trouve son explication dans deux facteurs principaux dont le premier est la lourdeur des charges éducatives pour les familles.  Le coût trop élevé de la scolarisation constitue la principale contrainte à l’accès au savoir dispensé par l’école, et l’impossibilité de payer les frais de scolarisation est le motif majeur de l’arrêt de la scolarité. Ce constat, ajouté au fait que l’offre scolaire est fortement dominée par le secteur privé, explique le faible taux de scolarisation.

Le phénomène des élèves surâgés semble également endémique à Haïti. Il résulte généralement de l’entrée tardive à l’école pour des raisons économiques, ou encore au redoublement causé par la faible qualité de l’enseignement et des conditions d’apprentissage. Le phénomène semble affecter plus les garçons que les filles à tous les niveaux du système; bien qu’il soit plus fréquent au sein des établissements publics situés en zone rurale plutôt que dans ceux des écoles privées et situées en zone urbaine.
La déscolarisation précoce des enfants constitue également un enjeu majeur pour le système éducatif. On estime en effet que seulement 2 enfants sur 10 qui entrent en 1e année du primaire, atteindront la 5e année, et encore moins (2%) termineront le secondaire.