Boite aux questions de pédagogie générale

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Est-ce qu’il existe une forme d’apprentissage par répétition ?

Le plus souvent la répétition sert à vérifier si l’élève a bien compris, ou a bien retenu. C’est une certaine forme de l’évaluation.

Mais l’apprentissage se fait AVANT. Et c’est avant, pendant l’activité (lecture, problèmes…) , l’expérimentation que l’apprentissage a lieu. Et c’est pendant l’apprentissage que les enseignants peuvent et doivent évaluer la compréhension des élèves (en les questionnant, en prenant connaissance des échanges entre les élèves, en regardant les productions…).

L’évaluation va aussi avoir lieu après l’apprentissage, notamment quand l’élève va faire seul une activité, un exercice que le groupe aura déjà travaillé avant. Mais ce n’est pas une répétition au sens strict : l’élève n’a pas à répéter mot à mot (sauf si il s’agit d’une récitation) un texte qu’il aura appris par cœur, devant tous ses camarades.

La répétition n’est que dans un cas particulier que nous allons expliquer, une forme d’apprentissage : c’est le cas des automatismes : apprendre des suites numériques, s’entraîner à la technique de la lecture par exemple. A force de s’entraîner les élèves ont acquis des automatismes. Si nous reprenons la lecture, quand le déchiffrage est automatique les élèves peuvent mieux se concentrer sur le sens, même si les deux activités sont liées.

Si l’enfant à l’habitude d’apprendre par cœur et s’il pense que c’est le seul moyen d’apprendre, comment faire ?

Là aussi il faut distinguer apprendre par cœur et apprendre.

Dans le module inclusion scolaire 1, je précise que le maître doit demander aux élèves comment ils ont travaillé. Quand les élèves expliquent ce qu’ils ont fait, comment ils ont travaillé, le maître doit leur dire qu’en travaillant en groupe, en discutant, en donnant leur avis, ils apprennent. Les élèves doivent savoir qu’apprendre par cœur, ce n’est pas comprendre.

Est-ce utile lors d’une séance de lecture de faire répéter les élèves à haute voix ?

Là aussi il faut distinguer répéter et lire à haute voix. Les élèves peuvent lire à haute voix. Car en même temps qu’ils lisent, ils s’entendent lire. Ils peuvent donc apprendre à contrôler leur voix, l’intonation, le débit, le volume. Le maître peut alors évaluer si ils déchiffrent bien, les aider à s’améliorer.

Mais est-ce utile que tous les élèves lisent à haute voix ? Les élèves quand ils apprennent à lire, à déchiffrer lisent spontanément à haute voix. Certains, avant de maîtriser la lecture silencieuse, ont besoin de continuer à lire à haute voix. De plus ils peuvent aimer cette activité. Pour les plus grands, ou ceux qui sont en difficulté, c’est parfois plus difficile. Ils sont timides, ont honte. Il ne faut donc pas systématiquement les obliger. Par contre le maître peut si c’est possible demander à un élève en difficulté de lui lire un texte.

Comment le maître peut-il aider les élèves à utiliser leur mémoire ?

Utiliser sa mémoire veut dire retrouver facilement ce qu’on a entendu, lu, vécu, vu, appris. Le maître doit aider l’élève à classer, à organiser, à ordonner ce qu’il va mettre en mémoire. Si l’élève apprend par cœur des mots de vocabulaire, comment peut-il en retrouver un, sans réciter la liste des mots.

Le maître aide donc l’élève à mettre dans des boîtes (dans son cerveau) des informations. Par exemple, après une leçon sur les félins, les élèves doivent apprendre du vocabulaire. Le maître indique la façon de classer : les félins sont des mammifères (une grande boîte), ils sont carnivores (une boîte dans la grande boîte des mammifères). Ils ont des caractères communs, les griffes par exemple. Le maître doit aussi souligner pour les élèves ces caractères communs, pour aider les élèves à faire des liens entre chaque félin.

Quand l’élève doit se souvenir, le maître aide l’élève à retrouver les différentes boîtes.

Comment passer de la mémoire de travail à une mémoire à long terme ?

Nous stockons tous beaucoup de données : ce qu’on voit, ce qu’on entend, ce qu’on lit, ce qu’on fait. Mais la durée du stockage est très limitée. Et nous oublions beaucoup, ce qui est normal. Le maître doit aider les élèves à prélever certaines données, en les aidant à choisir celles qui sont importantes. En insistant : par exemple les griffes des félins. D’une façon générale le maître aide les élèves à observer pour qu’ils retiennent les éléments importants.

Pour les élèves en difficulté, le maître les aide à utiliser leur mémoire à chaque leçon : il fait le lien avec la précédente leçon sur le même sujet, il précise quand cette leçon a eu lieu, oblige les élèves à raconter même très rapidement la précédente séance.

Le maître peut aussi proposer aux élèves des exercices qui permettent de ranger en mémoire et de retrouver. Par exemple lire une suite de mots : pantalon, chemise, short, jupe, slip, robe, chaussettes, tee shirt, veste, cravate. Le maître demande aux élèves de les redire. La mémoire est limitée si on ne l’organise pas. L’élève ne peut pas se contenter de se rappeler les noms dans l’ordre. Le maître doit les aider à les classer (les boîtes) : sous vêtements, vêtements de femme, d’hommes.

Un élève a un comportement indésirable, que faire ?

La situation est différente si l’élève a 8 ans ou si il a 12 ans. A 12 ans il doit connaître le règlement de la classe, de l’école.

Le maître travaille chaque jour les règles, les explique notamment dit que ces règles permettent de travailler ensemble. Il peut aussi écrire une charte avec les élèves qui définit leurs droits et non les différents interdits.

Il peut aussi proposer une sorte de contrat avec l’élève si le comportement se répète. Ce contrat peut avoir la forme d’une fiche de suivi, ou d’un accord oral. L’élève s’engage à ne plus avoir tel comportement indésirable. Le maître peut évaluer par exemple chaque fin de semaine avec l’élève son comportement à partir de la fiche.

Le maître doit aussi essayer de comprendre la situation de l’enfant : en discutant avec lui après la classe, avec ses parents si c’est possible, sa famille. Il est important que le maître connaisse la situation familiale pour certains cas.

Il peut aussi discuter avec ses collègues enseignants pour savoir si le comportement se répète ailleurs. Certains élèves peuvent avoir des comportements indésirables parce qu’ils s’ennuient en classe, ou à l’opposé parce qu’ils ne comprennent rien.

Certains enfants – enfants uniques – ne veulent pas travailler en groupe, comment faire ?

En Afrique on dit des enfants uniques qu’ils ont verrouillé le ventre de leur maman pour ne pas avoir à la partager. Au delà de cela les enfants uniques – pas tous cependant – peuvent être tout puissant. Ils sont seul enfant à la maison et quand ils demandent quelque chose, à téter, à manger… ils sont servis les premiers puisqu’ils sont seuls. On peut affirmer aussi que souvent ils ne savent pas perdre, comme les autres enfants savent perdre dans les jeux qu’ils font ensemble.

Lorsque les enfants pratiquent ensemble des sports collectifs (foot) le maître doit être vigilant afin que tous les élèves jouent vraiment en équipe : se faire des passes, se démarquer, aider l’autres. En classe le maître peut amener des situations de jeux éducatifs où les élèves vont devoir agir en équipe. Passer par le jeu permet d’envisager ensuite de travailler en groupe.