Un débat entre institutions privées et écoles publiques

La Constitution haïtienne de 1987 garantit le droit à l’éducation de qualité et gratuite. A la suite du séisme du 12 janvier 2010, environ 5000 écoles ont été détruites ou gravement endommagées, touchant environ 700 000 enfants en âge d’être scolarisé. Le gouvernement de M. Lamothe sous la présidence de M. Martelly a donc posé les bases d’un nouveau système éducatif public de qualité. Selon le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENPF), 1, 287,814 élèves auraient été envoyés à l’école pour l’année académique 2012-2013.

Selon le MENFP, 837,489 élèves ont été scolarisés durant l’année 2011-2012:

  • 490,000  dans des écoles publiques (250 gourdes ou 6 $ US / élève)
  • 347,489 dans des institutions privées (3,600 gourdes ou 90 $ US / élève)

80 % des écoles en Haïti sont des institutions privées:

En Haïti, la majorité des institutions scolaires – environ 80 % – sont privées. Ce chiffre s’élève à 90 % dans le cas des 15 200 écoles primaires scolarisant près de deux millions d’élèves, et dirigées par des communautés locales, des organisations religieuses, ou des ONG. Les cours ont lieu indifféremment dans des églises, des maisons particulières etc., tandis que le taux de fréquentation est estimé à 67 %, pour 30 % seulement d’élèves atteignant la fin du système primaire.

  • Une des meilleures écoles du système français en Haïti, le Lycée Alexandre Dumas, coûte plus de 100,000 gourdes (2,389 $ US) pour une année scolaire en cours primaire. Cela représente 625 gourdes par jour, soit 600 fois le montant pour une école publique du PSUGO (Programme de Scolarisation Universelle Gratuite et Obligatoire) du MENFP, et près de 30 fois le montant pour une école privée touchée par le programme gouvernemental d’éducation.
  • Une école de niveau moyen, comme le Collège Le Normalien, coûte un peu plus de 20,000 gourdes (475 $ US), soit 125 gourdes par jour pour la Première année fondamentale.

*Ce montant n’inclut pas l’assurance santé, le prêt d’ouvrage, et les fournitures scolaires.

Le Programme de Scolarisation Universelle Gratuite et Obligatoire (PSUGO):

En tant que pilier de la stratégie nationale d’action pour l’Education du gouvernement, le PSUGO a permis à plus d’un million d’enfants de 6 à 12 ans d’être scolarisés gratuitement lors de l’année 2011-2012, dont près de 170,000 enfants issus de familles défavorisées. Le programme PSUGO comprend:

  • la subvention annuelle de 250 gourdes, soit moins d’une gourde par jour (2 centimes US) pour les établissements publics et 3,600 gourdes, soit 22.5 gourdes par jour (50 centimes US) pour les institutions privées
  • la formation des enseignants: 500 maîtres sont certifiés chaque année au niveau des Ecoles Normales d’Instituteurs
  • le renforcement institutionnel du Ministère de l’Education Nationale
  • la Formation Professionnelle
  • l’amélioration des compétences en lecture

 

Haïti est l’un des pays ayant les plus faibles taux de scolarisation dans le monde –  76% au niveau primaire mais seulement 22% au niveau secondaire. On estime également que 85% des enseignants ne sont pas qualifiés pour l’enseignement primaire.

Dans le futur, le MENFP devrait disposer d’un outil permettant de réduire le temps d’attente pour l’obtention de l’accréditation des écoles non publiques. Notons que de 1994 à nos jours, sur les 16,000 écoles privées recensées, seulement 5,494 ont fait des démarches afin de régulariser leur situation. Aujourd’hui, seul le traitement de 3,000 dossiers est achevé.

Eléments de bibliographie:

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/01/10/haiti-la-replique-educative_1815025_3210.html

http://www.alterpresse.org/spip.php?article14095

http://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2012/11/21/haiti-education-strategy