Stage de formation de conseillers pédagogiques

Ce stage a eu lieu du 5 au 12 octobre 2013.

Objectifs :

  • Préparer à l’année de formation les 28 conseillers pédagogiques des 11 EFACAP participant au programme TEH
  • intégrer les Services d’Appui Pédagogiques (SAP) des Directions Départementales (DDE) à la formation, afin que les personnels assurent le suivi hebdomadaire des formations (7 personnels présents, soit 1 par département)

Les formateurs français présents étaient :

  • Claire Beauvais pour les mathématiques (Académie de Montpellier)
  • David Lasserre pour le français (DEF-MENFP)
  • Sylvain Taussac pour les TICE (Académie de Montpellier)
  • David Wilgenbus pour les sciences expérimentales (La main à la pâte)


Étaient enfin également présents Salomon Céus, coordinateur du programme TEH auprès de la DEF du MENFP et Elodie Bouchot, coordinatrice du programme auprès de l’Académie des sciences.

Formation à la démarche La main à la pâte

a. Travail de sciences sur les séismes

Il s’agissait de faire vivre aux conseillers pédagogiques (CP) le module « séisme » conçu par le binôme Stéphane Corréas / David Wilgenbus en lien avec la cellule itération haïtienne. Les CP jouent le rôle d’élèves, et le formateur le rôle du maître.
Le déroulement était le suivant :
• Comment mesurer la force d’un séisme ?
Discussion sur le vocabulaire (force, intensité, énergie, dégâts, magnitude…), et construction, par les CP de leur propre échelle macrosismique, puis comparaison avec une échelle standard (EMS 98).
• Etude de cas.
A l’aide de 3 documents (échelle macrosismique, témoignages, carte), étude de la propagation d’un séisme. Conclusion : un séisme se propage de façon concentrique / plus on s’éloigne du centre, plus les dégâts sont faibles. Définition de l’épicentre.
• Modélisation
Chercher une façon de modéliser la propagation d’un séisme. 2 essais : avec une bassine d’eau / avec des petits objets disposés sur une table, sur laquelle on crée un choc. Discussion sur la pertinence et les limites de chaque modèle.
• Mise en commun et conclusion

b. Travail de sciences sur le pendule

Il s’agissait, ici, de s’abstraire des modules prédéfinis du projet TEH, à la fois pour voir comment les CP réagissent face à un nouveau problème (la plupart des formations disciplinaires du programme insistent beaucoup sur l’entrainement par la répétition et l’application de « recettes »), et pour éclairer une nouvelle façon de faire de l’investigation (l’expérimentation). Tout comme le premier atelier, les CP étaient ici en situation de recherche (travail en groupes).
Le déroulement était le suivant :
• Comment construire un appareil qui « bat la seconde » ?
Les CP ont, pour la plupart, pensé à des dispositifs du type « clepsydre ». Un groupe a pensé au pendule. Faute de matériel, on s’est concentré sur le pendule, après avoir discuté en détail sur le fonctionnement attendu des autres dispositifs.
• Identification des paramètres qui jouent sur la vitesse du pendule
masse, longueur de la ficèle, diamètre de la ficèle, force ou hauteur du lancer, etc.
• Tests des différents paramètres (chaque groupe testant un seul paramètre)
• Mise en commun et conclusion

c. Travail d’analyse et de caractérisation de la démarche d’investigation

Cet atelier était très différent des 2 premiers : il s’agissait ici d’analyser le travail effectué lors des 2 premiers ateliers (ainsi que dans l’atelier de maths). Les CP étaient repartis par groupes et ont produit une affiche caractérisant la démarche d’investigation. La mise en commun, extrêmement riche, a permis de mettre en évidence les invariants (questionnement, activité et autonomie des élèves, rôle de facilitateur de l’enseignant…) et les spécificités (différence entre étude documentaire, modélisation et expérimentation). La situation la plus riche, pour cette discussion, était celle du pendule.
Un temps important a été consacré aux précautions méthodologiques permettant de faire des expériences de qualité : nécessité d’effectuer plusieurs mesures, de séparer les paramètres, etc.
De même, un temps important a été consacré à des aspects plus pédagogiques et moins didactiques : comment capter l’attention des élèves, gérer le travail en groupe ou le matériel, mener des mises en commun, élaborer des conclusions collectives, etc.

Simulations de séances : mathématiques et français

Après avoir revu quel était le déroulement type d’une séance de formation, les CP ont participé à des simulations de séances en français et en mathématiques.

a. Mathématiques

a formation dédiée aux mathématiques suit le déroulement classique d’une journée de formation. Claire Beauvais prend le rôle du CP et les CP présents jouent le rôle des enseignants. La séance a donc commencé par « le problème du jour ». Afin d’animer ce moment, David Lasserre a simulé un problème de français comme s’il était un enseignant. Ainsi les CP en formation s’entrainent et intègrent qu’il faut laisser la parole à un enseignant en introduction de chaque séance de formation.

Présentation par le formateur sous forme d’une simulation.
Le formateur présente de façon pratique et immédiatement visualisable des techniques de classe très différentes de celles que les enseignants connaissent. Les enseignants qui jouent le rôle d’élèves imaginent des démarches vraies ou fausses que les élèves pourraient proposer. Ils réfléchissent ainsi à la construction de la notion chez l’enfant. Ils voient que le formateur traite chacune des réponses et s’en sert pour construire la notion et surtout comment, de façon, pratique, il le fait.

Simulation par un stagiaire et analyse
Un participant volontaire mène une séance ou un morceau de séance comme l’a fait le formateur. C’est un moment d’entraînement. Ce moment est suivi de l’analyse par le groupe de ce qui s’est passé. La simulation par le stagiaire va produire un moment moins « formaté » qui mettra en évidence des difficultés à mettre en place une méthode pédagogique. De même qu’on demande à l’enseignant de prendre en compte l’erreur, le formateur prend en compte ces difficultés et s’en sert pour faire avancer le savoir didactique. La répétition de ces phases par plusieurs stagiaires permet une appropriation et une amélioration de la méthode.

Présentation du guide du maître et des savoirs savants
Le formateur projette ces deux documents et commente avec le stagiaire de façon à faire le lien avec ce qui a été vécu au cours de la séance de formation.

Pourquoi faire vivre aux conseillers pédagogiques ces séances comme s’ils étaient des enseignants ?
– Cela permet de préciser les différentes phases.
– Cela permet aux conseillers pédagogiques de vivre de l’intérieur ce que vivent leurs stagiaires et d’appréhender l’efficacité de chaque pratique.
– Cela permet aux conseillers pédagogiques d’observer un autre formateur en action dans ses réussites et ses erreurs : techniques d’animation de groupe, gestion des phases, apports didactiques, synthèse.

b. Français

Objectifs de la formation
L’objectif de cette séance était de revenir sur les 6 étapes citées ci-dessus que doit comprendre désormais chaque demi-journée de formation du programme TEH.
La séance, animée par le concepteur du module de français, David Lasserre, a suivi ce déroulement en 6 étapes. Elle a été l’occasion de reprendre une activité de classe déjà connue des CP mais pas des membres des Services d’appui pédagogiques (SAP). Cette activité concernait la structuration d’une activité de communication orale en français pour des élèves de 3e année fondamentale. Il s’agissait concrètement d’explorer la manière dont un enseignant peut rentrer avec sa classe dans un thème de communication orale (ici la routine quotidienne, celle d’un personnage fictif puis celle des élèves eux-mêmes), fréquenter certaines expressions et tournures permettant de décrire la routine et émuler la communication orale entre élèves.

Déroulement
La conceptrice du module de mathématiques, Claire Beauvais, s’est prêtée au jeu en présentant aux stagiaires son « problème de la semaine » (difficulté pédagogique réellement rencontrée lors d’une séance de mathématiques). Les stagiaires lui ont ensuite posé une série de questions afin d’établir un diagnostic de ce problème et proposer des solutions ou pistes d’amélioration.
Le concepteur du module de français a animé l’activité de communication orale dans le rôle de l’enseignant tandis que les CP/SAP jouaient le rôle d’élèves.
Un enseignant a pris le relais pour effectuer une simulation de travail sur la compréhension d’un court texte sur le thème de la routine quotidienne.
Une discussion, longue et animée, sur la manière de l’enseignant de mener l’activité s’en est suivie dans le but de repérer les méthodes qui ont fonctionné et celles qui nécessitaient un retravail.
Le concepteur a ensuite retracé les différents moments de l’activité en projetant le « Guide du maître », avant de mener une lecture collective des notions clés.

Formation à l’analyse de pratiques

Lors de la mission en Haïti de février 2013 dont l’objectif était d’évaluer l’application des méthodes pédagogiques dans les salles de classe, des films ont été réalisés dans les classes par un technicien de l’INS HEA. Un montage a été réalisé afin de sélectionner 9 clips illustrant les différentes étapes d’une séquence de classe : lancement, activités, synthèse et évaluation. Un clip illustre également l’entretien entre le CP et l’enseignant qui suit la visite du CP en classe.
Les DVD ont été distribués aux EFACAP ainsi qu’au MENFP.
Une journée de formation a été dédiée à l’analyse de pratique d’après ces clips vidéos.

a. Les compétences visées

Le savoir-analyser une situation est une compétence essentielle pour l’enseignant comme pour le conseiller pédagogique. Une situation problématique dans une classe est généralement le résultat de plusieurs facteurs. Les questions croisées posées par le groupe permettent à l’enseignant qui présente le cas d’élargir sa réflexion au-delà de son récit immédiat. La forme « questions » est moins intrusive pour celui qui expose que la forme « conseils » ou « critiques ». De ce fait, la personne va avancer davantage et faire avancer davantage le groupe dans l’exploration du cas.
Pour le groupe de CP en formation puis les enseignants qui suivront ce même exercice, cette situation est un entraînement à l’analyse qui permet le développement de compétences réflexives.
Pour les conseillers pédagogiques, vivre cette séance comme participant leur permet d’appréhender le rôle d’animateur de cette analyse avec les tâches principales qui lui incombent. Il rappelle les règles éthiques (respect des personnes, non-jugement), il distribue la parole, il structure les questions autour de domaines principaux (organisation de la classe et de l’école, relations et climat dans la classe, modes d’apprentissage utilisés), il encourage les participants à explorer les différents domaines. En fin d’analyse, il synthétise les pistes trouvées et les complète.

b. Analyse de séance de classe sur vidéos

– Déroulement et objectifs :
Les conseillers pédagogiques regardent des clips videos tournés dans des classes haïtiennes dont les maîtres suivent le programme TEH. Le grand groupe, collectivement propose une analyse pour chaque clip. Cette analyse est l’occasion de renforcer des concepts pédagogiques et didactiques. De plus, la forme « video » offre une analogie avec l’observation de classe. On est là sur du réel filmé et non plus du récit. C’est l’occasion pour le Conseiller Pédagogique d’identifier et de nommer ce qui se passe dans la classe. L’effet de groupe et de regards multiples joue à plein. Les moments saillants de la séance sont analysés avec parfois une trop grande insistance sur les points négatifs qui apparaissent à travers l’effet de loupe de la video.
Nous avons travaillé aussi les techniques d’animation de séances à travers l’observation des tâches réelles effectuées par l’animateur. Un groupe d’observateurs s’est détaché et a relevé toutes les actions pour le transmettre ensuite au grand groupe. Les Conseillers pédagogiques ont montré un grand intérêt pour ce travail et ont relevé spontanément la liste des items dégagés.

– Fiche d’observation et techniques d’entretien :
Le travail a été effectué à partir de la fiche d’observation déjà utilisée. Les CP ont cherché à remplir la fiche d’entretien à partir des videos d’une séance de classe. Nous avons cherché ensuite à dégager les axes prioritaires pour l’entretien avec cet enseignant. Cette partie du travail a été difficile. Les CP reviennent spontanément à un déroulement d’entretien-type ( féliciter,…) et ont du mal à dégager des priorités relatives à la situation particulière d’un enseignant. La notion d’axes principaux implique un regroupement d’items dans de grands domaines et éventuellement un abandon de certains problèmes moins prioritaires.
Pour conclure ce travail, les CP ont visionné un entretien qui a réellement eu lieu avec cet enseignant. La consigne était là aussi de lister les interventions du conseiller pédagogique qui effectue l’entretien de manière à repérer les modes d’intervention les plus efficaces.